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1914-1938: Vaincre la guerre - bâtir la paix

En 1914, lors de la déclaration de guerre, je compris que les Alliés n'avaient pas prévu d'organisation commune dans le domaine de l'économie. J'allai proposer au président du Conseil français un plan de coordination des ressources de guerre. Envoyé à Londres, je contribuai à réaliser un pool de navires et d'approvisionnement en matières premières qui permit de surmonter en 1917 le péril de la guerre sous-marine.

 

Douai 1918

 

En 1919, je participai à la création de la Société des Nations. Nous voulions agir par la persuasion. C'était insuffisant. Bientôt le droit de veto des Etats paralysa la S.D.N.

Au lendemain de la Première guerre, l'Europe était un champ de ruines. Je travaillai de mon mieux à son relèvement, en Silésie, en Autriche, en Pologne, en Roumanie. Je dus revenir à Cognac où mon père, déjà âgé, ne pouvait moderniser la firme d'eau-de-vie.

 

 

Jean Monnet avec ses parents

 

 

Mon père ne se souciait que de la qualité. Or il fallait maintenant penser aussi à la quantité. Je m'y employai quelque temps. Mais j'avais pris le goût des affaires internationales. D'abord, je dirigeai une grande banque américaine à San Francisco. Puis j'allai en Chine, conseiller Chang Kaï-Chek qui voulait faire entrer son pays dans le XXe siècle.

 

Silvia et Jean Monnet

 

 

En 1929, je rencontrai une jeune femme très belle, Silvia de Bondini. Il se noua entre nous un grand amour, partagé et indestructible.

 

Texte extrait de "Bâtir l'Europe", Cahier rouge, 1987.

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